Analyse

Tragédie grecque

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Le 04/02/10 - Lu 554 fois | 3 commentaires
Dans la Grèce antique, la maison des descendants d’Atrée était maudite des dieux. Le destin des Atrides fut en effet jalonné par le meurtre, l’anthropophagie, le parricide, l'infanticide et l'inceste, jusqu’à ce qu’Oreste, après le dernier double meurtre d’Egisthe et Clytemnestre, se purifie à Delphes et prenne dans la sérénité retrouvée la possession du royaume de son père, Agamemnon.
Si l’histoire récente de la Grèce n’a plus grand chose a voir avec celle décrite dans les tragédies d’Eschyle, son actualité économique en revanche ne renie en rien la violence de la maison d’Atrée.

La Grèce est aujourd’hui au pied du mur, avec l’obligation d’ajuster massivement et rapidement ses finances publiques, sauf a perdre la confiance des souscripteurs d’une dette devenue abyssale. Sans mesures de correction, elle atteindra 135% du PIB en 2011.
Ceci pourrait être aggravé par le risque d’un arrêt du financement de l’Etat grec par ses banques. Les Banques helléniques ont en effet été auprès de la BCE pour refinancer leur bilan avec des titres d’Etat en garantie. Mais la dette grecque a depuis été dégradée par les agences de notation, et le nouveau rating du pays ne permettra théoriquement plus ce type d’opération dès 2011.

A ce stade de la tragédie grecque, trois scénarios sont possibles


Celui du statu quo, éventuellement assorti d’une aide de l’Union européenne, grâce à la crédibilité relative des mesures annoncées par le gouvernement grec qui bénéficie actuellement d’un certain regain d’appétit du marché pour le risque, de tensions sociales limitées et d’une amélioration de la conjoncture. Le problème de la Grèce est son déficit de crédibilité historique ; c’est pourquoi les mesures budgétaires et fiscales proposées le sont sous pression de la commission européenne, qui ne veux pas d’une diffusion de la prime de risque Grecque (près de 350 BP actuellement) à l’ensemble des pays de la zone.

Le deuxième scénario est celui du retrait unilatéral de la Grèce hors de l’Union, solution rendue possible par l’article 50 du traité de Lisbonne sous réserve de l’accord du conseil et du parlement européen, moyennant une période probatoire de deux ans. Une sortie de la zone euro serait ensuite possible, mais avec une explosion des taux d’intérêt grecs et une dévaluation massive du nouveau drachme contre euro.
Le troisième scénario est celui de la mise en œuvre à marche forcée de l’unification politique de l’Europe, avec une coordination des actions non seulement sur le plan des politiques économiques, mais aussi sur les plans de l’industrie, de la recherche, des moyens logistiques, de l’éducation, de la fiscalité etc…Dans une telle hypothèse, le sauvetage de la Grèce par l’Europe irait alors de soi.

Le sort actuel de la Grèce est finalement moins important par ses enjeux financiers (de l’ordre de 3% du PIB européen) que par les choix politiques qu’il implique et l’autorité que les pays vertueux intervenant comme sauveteurs en dernier ressort en retireront, tant dans l’union que vis à vis du reste du monde.

Nous excluons pour l’instant un quatrième scénario ; celui du retour de l’esprit des Atrides, mais cette fois au sein de l’Europe. Ils pourraient décider de laisser la Grèce ainsi que d’autres pays peu vertueux à leur triste sort, entre les mains du FMI et hors de la zone Euro.

Ces meurtres fratricides (pour l’heure exclus par les traités) auraient pour avantages une forte dévaluation de l’Euro contre Dollar et Yen, permettant ainsi un rapide retour à la compétitivité internationale complété d’une baisse de la valeur relative de la dette des puissants survivants de la zone.

Dans une telle hypothèse, il leur faudra de nombreux bains de purification à Delphes et de longues consultations de la Pythie pour que la sérénité revienne au royaume d’Agamemnon, berceau de notre civilisation.

Patrice Henri
Président du Directoire Banque Martin Maurel
 
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careme
careme a commenté le 05 février 2010 :

Lucky Luke tirait plus vite que son ombre. Nos « experts » en tout genres, (Le rocher dans son art s’instruit pendant l’orage ; il n’y devient expert qu’après plus d’un naufrage. Proverbe), réfléchiraient moins rapidement que les informations diffusées. Ce n’est pas impossible !

Agences de notation : Groupement d’experts en matières financières qui vend ses services aux compagnies, banque & assurances, qui gèrent ou exploitent la circulation, le placement, de toutes les monnaies confondues. Les banques ou assurances afin de ne pas être soupçonnées d’ententes « illicites » dans leurs différentes manœuvres se couvrent partiellement par la consultation d’agences hautement considérées. La considération est établie directement par la bonne fortune de l’utilisateur.
Le tuyau, qui tient dans les sabots du cheval ou les pattes des lévriers, m’a toujours amené à penser qu’il était crevé, le tuyau. En effet comment peut-on être philanthrope au point de vouloir partager son gain, pratiquement acquit par le tuyau que l’on détient, avec autrui.

F M I : Cette docte banque ne serait-elle pas abonnée aux agences ? Cela pourrait expliquer une partie de son aveuglement dans la distribution des fonds dont elle dispose, peut elle participe aux grandes manœuvres et spéculations sur la misère d’Etats vampirisés par des marchands de jours heureux.
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PaulGaspais
PaulGaspais a commenté le 08 février 2010 :

La Grèce, moins de 0,6% du PIB mondial à comparer à la Californie pour plus de 3% du PIB mondial.
http://www.businessinsider.com/pimco-california-bond-spreads-about-explode-just-like-greece-2010
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PaulGaspais
PaulGaspais a commenté le 08 février 2010 :

Les états qui se sont portés garants devant la crise sont face au déficit abyssal qu'ils ont creusé.

L'objectif annoncé de trouver une solution aux entreprises américaines qui doivent recourir au financement et d'aider les consommateurs, les prêts destinés aux plus petites des entreprises n'ont pas été concrétisés.

‘Le ratio d'endettement américain pourrait dépasser les 100 % du PIB en 2020 selon l'agence Moody s si l'on intègre la dette des différents Etats et des gouvernements locaux. A moins que d'autres mesures ne soient prises pour réduire le déficit budgétaire davantage, la note AAA pourrait être remise en question.’

http://www.lesechos.fr/journal20100205/lec1_une/020350422112.htm

Les chiffres de saisies immobilières restent préoccupants, l'emploi ne repart pas et notamment les moins qualifiés ne manifestent aucun signe de reprise.

http://www.thestreet.com/story/10676360/1/mortgage-bankers-association-forced-into-short-sale-todays-outrage.html?cm_ven=GOOGLEN


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