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Grand Emprunt et économie numérique: le contenant avant le contenu?

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Le 06/10/09 - Lu 470 fois | 2 commentaires
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Crédit: Flickr/Sebastian Prooth
De la mise en place d'infrastructures à la compétitivité, il y a plus qu'un pas...
La mise en place du réseau très haut débit en France suscite de nombreux débats entre politique de concurrence et question d’aménagement du territoire. Lors d’une journée de conférence «Numérique: investir aujourd’hui pour la croissance de demain» organisée à l’initiative de la Secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et de l’économie numérique, une demande forte s’est exprimée pour faire financer le déploiement du réseau internet à très haut débit par le Grand Emprunt. Si développer le contenant est essentiel, il ne faudrait pas oublier de s’intéresser au contenu. A quoi servirait un réseau ferré sans train? Par ailleurs une question se pose: faut-il financer des infrastructures qui permettront à Google, e-Bay et autres géants américains de se déployer? Quel gain pour la France? S’agirait-il alors réellement d’une dépense d’avenir?

Disposer d’infrastructures performantes est un préalable au développement de l’économie numérique. A l’inverse on pourra mettre toutes les infrastructures que l’on veut s’il n’y a pas de contenu, ça n’apportera pas de croissance. C’est bien sur le contenu que se fait la valeur ajoutée. Cette question est donc fondamentale, le Premier Ministre l’a rappelé lors de son intervention: «mais cet investissement n’en vaudra vraiment la peine qu’à condition que les nouveaux services et les nouveaux usages qu’il rendra possible suivent le mouvement, et que les contenus que ces infrastructures permettront de véhiculer soient suffisamment attractifs.» La France dispose d’un potentiel certain dans le domaine des contenus, mais les entreprises du secteur souffrent comme beaucoup de PME de sous-capitalisation, et un certain nombre d’entreprises à potentiel sont revendues à des étrangers, le plus souvent américains.

Si l’on n’est pas capable de créer du contenu en France, développer des infrastructures favorisera donc l’expansion de Google, eBay, Expedia… et créera de la valeur… aux Etats-Unis! Si l’on veut des contenus français, il faut donc permettre aux PME du secteur de se développer et éviter leur revente systématique à des grandes entreprises américaines. Ce sujet rejoint très largement la problématique du financement des entreprises innovantes et des entreprises de croissance.

Par ailleurs le déploiement des infrastructures doit-il se faire à n’importe qu’elle coût ? On estime un coût de l’ordre de 40 milliards d’euros pour équiper l’ensemble du territoire en haut débit. Qui va payer la facture? Dans certaines zones très denses (grandes régions métropolitaines) le très haut débit viendra «tout seul», il n’y a pas besoin d’investissements publics qui créeraient des effets d’aubaine pour les opérateurs. Les zones rurales relèvent de l’intervention publique. Entre les deux, il faut faire en sorte que les opérateurs mutualisent leurs investissements avec des aides publiques. Il s’agit de trouver un équilibre entre politique d’aménagement du territoire et respect de la concurrence et du marché. Laisser faire le marché seul reviendrait à abandonner la moitié de la population.

Si le Grand Emprunt sert à financer l’économie numérique pour la croissance de demain il conviendra d’être vigilant sur deux points: d’une part qu’une politique d’aménagement du territoire privilégiant le financement des infrastructures ne soit pas suffisamment encadrée et se transforme en rente pour les opérateurs privés, et d’autre part que les entreprises de croissance et les PME françaises qui fournissent des contenus soient dans un environnement économique et social favorable à leur développement.
 
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ThomasPerrin
ThomasPerrin a commenté le 06 octobre 2009 :

Le contenu, ce n’est pas qu’une question d’entreprise et de PME. C’est une multitude d’acteur privé ou non : média, particulier, pédagogues, administrations, acteurs du tourisme, artistes, associations et dans une faible proportion entreprise (en particulier celles permettant à d’autres acteurs de présenter leur contenus).

Il serait réducteur de ne vouloir favoriser le contenu qu’à travers les entreprises et leurs problématiques (qui ne sont en aucun cas à négliger). La question du contenant rejoint bien la question d’aménagement du territoire dès lors que l’on suppose que le contenant permet l’ancrage local de tous les acteurs du contenu. Par contre, préparer les infrastructures sans réfléchir à comment favoriser ni inciter les possibilités d’expressions de tous ne serait également qu’un investissement sans vision.
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persan
persan a commenté le 07 octobre 2009 :

je partage l'avis de prise d'avance sur le contenu, et donc de politique industrielle pourle générer, même si le contenu est existant en partie pour les particuliers (offres TVHD...).
cocernant les réseaux, j'ai développé ces aspects dans mon article "nouveau monopole sur la fibre?". L'initiative publique peut être minimale si on met bien à plat l'existant et qu'on en tire tous les enseignements. Les fiasco en ce domaine sont nombreux : Wimax, DSP, wifi..et on tourne la page sans mesures correctives. Le marché peut parfaitement répondre sur les zones peu denses, et il y a plein de solutions hybrides peu onéreuses en zones rurales, à condition de maitriser les technologies et de nepas partir sur une simple logique de dépenses et la solution unique. Il y a un jeu de pocker menteur pour débloquer le financement public, il y a de grosses marges de manoeuvre si on simplifie la logique et donc la reglementation très compliquée en place et qui devient finalement si on analyse bien les conséquences opératonnelles, un gros frein au déploiement (attentisme faute de visibilité, empilage d'infra là où il faut mutualiser, et laisser au contraire la concurrence en zone denses et peu denses..).
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