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Analyse
L'esprit du keynésianisme : de l'humanité au coeur de l'économie

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Le 23/10/09 - Lu 443 fois | 3 commentaires
Le déficit n'est pas la seule façon de relancer la demande
L'esprit du keynésianisme n'est pas contenu dans la seule recette miracle du déficit. Le déficit n'est qu'un moyen de dynamisation à court terme de la demande parmi beaucoup d'autres. On obtient le même résultat en agissant sur les salaires, en stimulant l'exportation, en réorientant la demande vers les productions nationales, en imposant que les agents économiques se mettent en conformité avec les normes existantes, en facilitant le crédit et en agissant sur les taux d'intérêt. Chacune de ces méthodes a ses avantages et ses limites, mais il n'est pas obligatoire que le dosage stratégique de ces options par le gouvernement entraîne un déficit.
Les deux sources de déficits : l'anorexie de recettes et la boulimie de dépenses
Il faut distinguer le déficit lié à des baisses d'impôt ne favorisant que les classes supérieures, comme c'est le cas avec le bouclier fiscal, de celui qui serait lié à une hausse de l'investissement public ou à revalorisation des revenus de transfert.
Dans le premier cas, on veut que les bénéficiaires investissent dans l'entreprise : c'est une politique de l'offre. Compte tenu de la liberté de circulation des capitaux et de l'attrait des placements boursiers, une part importante de l'effort public ne parvient jamais à l'économie réelle nationale.
Plus efficace est la politique keynésienne d'investissement public direct, par exemple dans la rénovation des résidences universitaires vétustes, ou dans l'amélioration des infrastructures de transport collectif. Ici le but est de créer une demande pour les entreprises de biens d'équipement. La revalorisation des revenus de transfert agit quant à elle sur la demande des ménages. Elle est d'autant plus efficace si les ménages ont une forte propension à consommer, ce qui est le cas des ménages à revenus faibles ou modérés.
Une relance de la demande sans déficit par une réforme fiscale
Il faut avoir conscience qu'une politique de transferts sociaux n'implique absolument pas un déficit mais plutôt une autre répartition des recettes publiques, moins basée sur les cotisations sociales et les taxes (TVA, TIPP, taxes locales) et recentrée sur l'impôt sur le revenu dont la progressivité le fait toucher plus fortement les ménages aisés, à forte capacité contributive et à propension à épargner élevée. Exactement, l'inverse de la politique de bouclier fiscal, mais sans déficit. On notera une telle réforme fiscale, destinée à financer la relance par la demande, a aussi un impact de stimulation de l'offre puisqu'il allège les charges sociales, et un impact positif sur la compétitivité des entreprises nationales et l'équilibre extérieur, pour la même raison.
Une théorie économique pour une société plus humaine et plus efficace
Le keynésianisme ce n'est pas le culte du déficit, mais la volonté de peser sur l'économie pour la rendre plus juste, plus humaine, plus efficace. Au moment où tant d'entrepreneurs déposent leur bilan parce que leur chiffre d'affaires a fondu, il est utile de rappeler qu'il serait moins douloureux de payer un impôt sur les dividende encaissés que de payer les charges sociales actuelles car elles sont dues qu'il y ait bénéfice ou pas.