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Petite histoire de notre monde macroéconomique

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Le 08/12/09 - Lu 1390 fois | 13 commentaires
Le monde capitaliste a évolué vers toujours plus de finance pour la finance, ceci au détriment de l’investissement créatif et productif. Sans un rééquilibrage, il ne sera pas possible d’affronter les défis du futur, à savoir évolution de la mondialisation en faveur de nouveaux ensembles forts comme la Chine et adaptations aux contraintes que peuvent générer une croissance pour 10 milliards d’individus.
Comment fonctionne notre société ?
La dérive de ces 20 dernières années fait que c’est la finance qui a pris le pouvoir. Dans un tel système, l’économie ne fonctionne bien que si « les marchés sont rassurés ». La politique monétaire a eu souvent cette finalité. En effet, si les marchés sont confiants, la richesse virtuelle croît et l’activité réelle bénéficie des retombées de cette croissance. Le phénomène s’est particulièrement bien vérifié aux USA et au UK. Cependant, ce pouvoir se fait au détriment des autres activités, l’industrie en premier lieu. On constate un transfert des talents, des mathématiciens vont mettre en équation l’art de tirer parti des anomalies des « marchés » et de la psychologie humaine. Cela ne crée pas vraiment de richesses, mis à part l’effet indirect cité plus tôt.

Moins d’industrie signifie plus d’importations, il faut bien consommer quelque chose, d'où un déséquilibre des balances commerciales. Plus de finance, signifie aussi un coût pour les autres activités, donc des revenus plus faibles et « l’obligation d’emprunter » pour rester dans la norme, d’où la croissance de l’endettement.
En France, où existent de nombreuses compensations sociales, le coût est comme ailleurs, financier mais aussi social. La compétitivité s’en trouve d'autant plus réduite.
En Allemagne et au Japon, où la structure industrielle a encore un sens, il est plus difficile qu’ailleurs de faire de la finance pour la finance. L’équilibre est meilleur, mais les conséquences de ce qui se passe dans les autres pays, n'est pas sans effets dangereux.

En Chine et en Inde, la situation s’avère propice à l’accélération du développement industriel accompagné de près par celui de la recherche. Pour la Chine, la stratégie est claire : profiter de cette situation pour construire des piliers solides. Eviter les dérives à l’Occidentale. Le pays est tellement vaste et tellement hétérogène en terme de développement que des délocalisations peuvent s’y faire, tout en restant à l’intérieur. Une compétitivité garantie par les coûts pendant au moins 10 ans.

La question qui vient alors est celle du rééquilibrage.
Est-ce possible sans s’attaquer à la liberté individuelle ?
N’est-ce pas le doigt mis dans l’engrenage totalitaire ?

Il n’est pas inutile de se poser ces questions. L’histoire nous a enseigné que bien des remèdes étaient pires que le mal. L’histoire nous a aussi enseigné que l’on pouvait fonctionner dans une société libre, autrement. Le dosage est délicat.
Je serais tenté par l’encouragement de l’esprit d’entreprise et la dissuasion de la spéculation excessive.

Reste les déséquilibres financiers accumulés. Comment s’en sortir sans créer des chocs dangereux ?
Un remède a longtemps existé, c’est la dévaluation. Encore faut-il que le préalable de l’activité saine soit rempli. On le voit avec les USA. Un $ faible favorise peut-être Boeing mais ne fait pas revenir les industries délocalisées. Au moindre signe de reprise, la balance commerciale se creuse à nouveau.
Une autre solution viendrait d’une ponction sur les transactions. Elle aurait l’avantage de réduire l’importance relative de la finance et de fournir des recettes.

Tant qu’on n’a pas atteint le plein emploi, l’anomalie n’est pas la dette mais le fait qu’on ne sait pas financer l’activité.

Se présentent aussi les conséquences de notre développement sur les ressources naturelles de notre planète. Même si on espère que l’on trouvera toujours des solutions grâce à une formidable capacité d’adaptation de notre espèce, cela peut se faire dans la douleur. Prendre quelque peu son destin en main n’est pas forcément une utopie. …et c’est une des solutions vers un meilleur équilibre. Aujourd’hui, bien sûr la crédibilité des dirigeants est en jeu : Il est clair que pour beaucoup de citoyens, le tapage fait autour du réchauffement, c’est de la propagande pour faire avaler de nouvelles taxes et vu l’étendue des dettes, la « démonstration » se fait toute seule…..à suivre.
 
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Roland
Roland a commenté le 09 décembre 2009 :

Il est sain de s’interroger sur le fonctionnement de la « macroéconomie » du monde d’aujourd’hui. Mais c’est là une grande difficulté, tellement les esprits sont indélébilement conditionnés par le « tapage » et la propagande officiels, au point que les dirigeants ont perdu toute crédibilité comme le relève pertinemment frada37.

Car quand même, et comme le relève encore heureusement l’auteur, l’histoire nous a enseigné l’existence heureuse de sociétés libres (Premier millénaire de Summer, Athènes, les débuts de Rome, premiers siècles du deuxième millénaire en Europe, États Unis jusqu’à il n’y a pas longtemps, etc.). Ces sociétés ont bénéficié d’une croissance économique et de progrès immenses. Leurs gouvernants laissaient aux individus les activités économiques sans y interférer, sauf à neutraliser les marginaux. Au contraire, dans le cas de la France au moins, et depuis plus de trois décennies (depuis 1974, peut-être 1968), l’activité économique ne cesse de se dégrader au point de priver de travail des millions de gens. Pourtant, les gens ne sont pas moins intelligents ni moins courageux qu’en ces temps là. Alors, qu’est-ce qui sabote le fonctionnement de nos économies ? Le capitalisme est-il le plus souvent répondu, même par les États.

Frada37 relève avec raison le rôle de « la finance » ayant développé depuis une vingtaine d’années ses activités bien au delà du développement de l’économie, au détriment des autres activités. Il aurait bien fait d’ajouter qu’elle n’a été que la courroie de transmission des pouvoirs d’État ayant déversé sur le monde un déluge de monnaie artificiellement créée en vue de doper la croissance économique. La « finance » n’a fait que remplir sa fonction, « écluser » cette monnaie dépassant les besoins des activité productives en l’employant à des activités de pure spéculation financière. Le constat de la finance ayant pris le pouvoir est également pertinent, les États s’étant laissés prendre dans ses courroies de transmissions. Il est devenu évident que Wall Street, la FED et la Présidence des États-unis, qu’il s’agisse de Clinton, de Bush ou d'Obama, ne font qu’un.

Alors, Frada37 désireux de voir cet état de choses cesser se fait l’avocat inlassable de la taxation des transactions financières (Taxe dite Tobin). Il est douteux que cela soit efficace. D’abord, les profits financiers sont d’un niveau tel que cette taxe ne serait aucunement paralysante. De plus, elle aurait probablement pour effet collatéral de pénaliser les autres activités, les impôts restant rarement à la charge de ceux qui les ont payés et qui s’empressent de les transmettre à d’autres. Surtout, le remède ne s’applique pas à la racine du mal, le pouvoir d’État dévoyé prétendant favoriser la croissance économique, notamment en inondant le monde de monnaie et en intervenant outre mesure dans le fonctionnement des économies.

La véritable difficulté, c’est le dévoiement de nos démocraties, la démagogie de ses responsables politiques, la crédulité et la torpeur des citoyens croyant à la sollicitude et aux bons soins systématiques du pouvoir d’État, et n’intervenant pas pour le faire rentrer dans le rang de ses attributions normales très limitées clairement définies par la fameuse déclaration de 1789. La mal suprême est le dirigisme outrancier, particulièrement dans le domaine des activités économiques. Frada37 serait bien inspiré d’orienter sa débordante énergie vers la racine de nos maux, si peu de gens s’en occupent.
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frada37
frada37 a commenté le 09 décembre 2009 :

Merci Roland pour vos commentaires qui, comme souvent, élargissent la vision des choses.
Comme vous, je pense qu’on réglemente trop, que les états sont trop pesants et que les administrations s’empilent pour notre plus grand malheur.
Là où je diverge, c’est sur ce qu’on pourrait appeler la répartition des tâches. Je pense que l’état a un rôle à jouer dans l’économie. Le capitalisme ordinaire privilégie trop le court terme à mon goût et le capitalisme financier joue avec l’argent.
Comme, il faut de toute évidence payer des taxes, je préfèrerais qu’elles soient en partie payées par ceux qui n’apportent pas une grande contribution à l’économie.
La difficulté pour une taxe « Tobin » dissuasive, sur les transactions, est que son instauration doit se faire au niveau mondial. Il est évident que l’argent se joue des frontières…
Cependant je ne vois pas en quoi, elle se répercuterait sur les autres. Si j’achète et je vends 50 fois un baril de pétrole dont je n’ai pas besoin, c’est que mon but est de gagner de l’argent par mes transactions. Si nous sommes très nombreux à acheter, nous tirerons le prix vers le haut. Si au passage une taxe est prélevée je paierai 2 X 50 fois un certain montant, ce sera mon bénéfice qui en sera victime. Entre la certitude de la taxe et la probabilité du gain, je vais naviguer, hésiter et peut être renoncer à certaines transactions.
Si j’achète et je vends à l’infini des actions, je vais créer un désordre. Une instabilité de l’investissement. Si de nombreuses personnes font comme moi, je peux avec elles, créer une bulle tout en me rémunérant. Si à chaque mouvement, on paie une taxe, je gagnerai moins.
Est-ce que ce serait dissuasif ?
C’est difficile à garantir. Cependant, on peut affirmer que si ça ne l’est pas, les recettes fiscales seront bonnes, si ça l’est, on ralentira un emballement qui souvent se termine mal.
Autre point important, c’est le coût de l’activité financière. Ces banques et autres établissements qui se multiplient (autre bulle) occupent un espace trop grand. Comme ils détiennent le pouvoir, ils dictent leur loi à tout le monde. Avec les gains de productivité habituels, on devrait, dans ces domaines comme ailleurs, pouvoir faire plus avec moins de moyens. On est loin de cette situation. Ce développement d’une activité bien rémunérée ne peut pas être sans conséquences sur l’économie. Je pense que ce facteur explique une partie de l’endettement privé.
Les entrepreneurs ou les salariés ne sont pas suffisamment payés pour être aux standards de leur époque. La dette est leur bouée de sauvetage.
La dette des états est un autre paramètre et elle a au moins 2 aspects.
C’est le moyen de fonctionner des USA depuis qu’ils ont choisi comme stratégie les 2 points suivants : hégémonie et niveau de vie. Cela les a conduit à abandonner Bretton Woods en 1971 et à utiliser le $ comme une arme. 38 ans après, leur leadership est encore là, même si il commence à s’écorner. En fait, ils se font financer par le reste du monde en ouvrant grand leur casino.
Pour les autres pays, ce n’est pas aussi simple. On ne prête qu’aux riches ou aux puissants, il ne faut jamais l’oublier.
Reste le cas de la zone euro. La situation y est particulièrement difficile parce que les pays qui la constituent ont des aptitudes trop hétérogènes pour une monnaie commune. ….

Quant à votre suggestion, Roland, pour utiliser mon énergie, je la retiens. Déjà, j’ai horreur de la complexité administrative….mère de pas mal de vices.
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THEGAP
THEGAP a commenté le 10 décembre 2009 :

Il me semble que tout cela est intéressant mais sans commune mesure avec ce qui se passe... Le G2 a pris les commandes du monde sur un océan de dettes mais avec une volonté indescriptible d'imposer un nouveau paradigme économique et social. Les US et la Chine font plus du tiers des publications en biotechnologies avec depuis peu un léger avantage chinois. Pendant que nous allons économiser le pétrole eux vont l'utiliser et pendant que nous peinerons à payer nos intérêts de la dette eux vont repartir avec une croissance significative. Alors une taxe Tobin n'aura aucune incidence sur les grands déséquilibres du monde. Il faut simplement que les endettés s'entendent avec leurs prêteurs, ce que les américains et les chinois ont bien compris. Et nous il faut très vite que nous nous entendions avec les allemands et les pays du nord de l'europe pour savoir comment financer notre dette galopante. C'est le plus important, le reste est tout à fait anecdotique. Les preuves s'accumulent: la Grèce est près de la cessation de paiement. Ce n'est pas parce que l'état français mène encore grand train que les choses sont au beau fixe. Petit point sur lequel vous vous trompez lourdement: les US ne maintiennent pas leur niveau de vie. La crise financière, qui est une crise de l'endettement a dégonflé les actifs mais aussi fait dégringolé le niveau de vie. Les US ne maintiennent pas à bout de subventions des gens en activité ou des entreprises moribondes. Ce n'est pas le cas chez nous. Mais ce faisant ils ont créé les conditions de la reprise. La destruction créatrice avant tout. Quant au dollar je ne partage pas non plus votre point de vue. Le dollar est faible mais les taux longs aussi. Jamais les bond n'ont été aussi bas depuis 30 ans. C'est un signe. Les investisseurs achètent encore la dette US. Petite réflexion sur la taxe Tobin: trop faible elle ne conduira qu'à renchérir quelque peu le coût des transactions sans en affecter les incentives, trop élevée elle paralyse l'économie car vous savez bien que votre exemple du baril acheté vendu 50 fois est une formule, pas la réalité qui est beaucoup plus complexe. En résumé toute taxe est aveugle et non discriminante s'appliquant à des transactions et non aux transactions dites de spéculation financière. Toute activité de marché est spéculative, je dis bien toute et dans les deux sens gain ou perte. Il me semble que vous l'oubliez.
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frada37
frada37 a commenté le 10 décembre 2009 :

Commentaire intéressant THEGAP, je suis d’accord avec vous, la dette est pour nous un souci bien plus grand que celle des Etats-Unis. Je l’ai écrit ailleurs, on ne prête qu’aux riches et aux puissants. Nous ne sommes ni l’un, ni l’autre.
Je suis aussi d’accord avec vous sur le fait qu’il ne faille pas maintenir des activités en déclin. Au passage, je vous signale que les Etats-Unis ont sauvé GM et soufflé OPEL sous le nez de Merkel…
L’objectif de la stratégie US ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de faille. Certes la crise le remet fortement en question. Ils espèrent temporairement.
Ce que je souhaite est qu’on évite les crises de grandes ampleurs.
Je suis convaincu que l’argent est un bon moteur pour susciter l’esprit d’entreprise et l’ardeur au travail. Ce n’est pas le seul.
Je suis aussi convaincu que la spéculation a du bon en tant qu’accélérateur de l’innovation et du développement.
En revanche, je pense que les sociétés sont soumise à 2 menaces en permanence : la dérive et l’excès.
Il n’y a pas le mal d’un côté, le bien d’un autre, tout est question de dosage. C’est en principe la noblesse de la politique dont la mission devrait être de trouver le meilleur point d’équilibre pour le bon fonctionnement de la société.
Ce n’est pas souvent le cas. C’est plutôt la flatterie ou les promesses qui servent de fil conducteur.
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Roland
Roland a commenté le 10 décembre 2009 :

@frada37 et THEGAP

Ma réplique, très probablement trop longue, ne vise pas à troubler vos propres opinions, mais à mieux m’expliquer. C’est un régal d’échanger avec vous, ouverts à une rare réflexion et à un échange constructif, hors tout dogmatisme. On trouve cela trop rarement, même sur les sites de Les Échos, contrairement à toute attente.

1°. Oui, la pesanteur de l’État a dépassé toutes les limites. Elle étouffe les individus vivant normalement, sans réussir à le faire des marginaux. Tous sont mis dans le même sac de gens incapables de vivre normalement, qu’il faut traiter comme des marionnettes.

Les gens le ressentent dans leur vie quotidienne, mais ignorent la mesure réelle de cette place prise par l’État, masquée par la désinformation. La réalité calculée et irréfutablement prouvée par moi est d’au moins, pour la France champion du monde, les deux tiers des euros produits par les gens confisqués par l’État qui décide quoi en faire.

2°. L’activisme étatique dans le domaine de l’économie n’a jamais eu à plus ou moins long terme que des résultats désastreux. A cette échelle du temps, ce sont les civilisations dépourvues d’État que j’ai citées où les activités économiques se sont le plus développées.
Mon opinion est que l’activité économique est l’affaire des gens eux-mêmes, pas des États qui doivent seulement neutraliser ceux qui les perturbent.

3°. Le capitalisme n’existe plus aujourd’hui. Il est complètement dénaturé par les interventions des États.

Il a existé à l’état naturel dans les civilisations que j’ai citées, avec des résultats que l’on a peine à imaginer aujourd’hui.

4°. Le caractère dissuasif d’une taxe Tobin n’est pas évident. Le problème est que les États sont prompts à créer un impôt supplémentaire en le justifiant, mais jamais disposés à vraiment le supprimer lorsqu’il apparaît qu’il n’est pas réellement conforme aux justifications fournies.

D’autre part, cette taxe ne pourrait que frapper indistinctement tous les transferts de monnaie. Seuls sont nocifs ceux qui s’opèrent au moyen de fonds empruntés en vue de les faire fructifier dans des activités de pure spéculation. La grande masse des transferts de monnaie n’a rien à voir avec cela. De plus, il est des spéculations dont l’entrave serait une atteinte à la liberté. Libre à chacun de spéculer avec ses propres fonds (Acheter une habitation pour la mettre en location, c’est bien une forme de spéculation. Comme placer son épargne dans des opérations sur titres boursiers.). Il est même des formes de spéculation qui ne sont pas à déconseiller : vendre à terme ses devises contreparties d’une vente à un client d’une autre zone monétaire, et réciproquement acheter à terme les devises qui seront nécessaires pour payer un achat réalisé.

5°. Oui, la place prise par les activités financières est absolument hors de mesure. Ces derniers temps, il est devenu évident qu’elle est cause de destruction des activités économiques.

6°. L’endettement me semble avoir été beaucoup moins provoqué par l’insuffisance des revenus des gens que par la puissante provocation des États à s’endetter notamment en déversant sur le monde un déluge de monnaie quasi gratuite.

Vous savez bien qu’aux USA, les désastreux « subprimes » résultent du gavage de monnaie par l’État des gens insolvables.
Vous comprenez bien aussi qu’à offrir tellement de monnaie à si faible taux d’intérêt ne peut qu’inspirer ceux qui spéculent avec l’argent des autres.

7°. Les dettes des États sont, à mes yeux, inhérentes à leur nature, surtout dans le cas des démocraties.

Les États totalitaires peuvent piller les gens qu’ils soumettent, jusqu’à les réduire en esclavage (cas du deuxième millénaire de Sumer. Rome en est venu à piller les pays conquis et à recourir à l’esclavage.)

Les États moins totalitaires voient des limites à plumer leurs gens, sans voir les limites à leurs activités. D’où le paiement de leurs dépenses au moyen de monnaie empruntée, allant jusqu’à la créer artificiellement pour l’emprunter via les établissement financiers.

8°. Pour les USA, à mes yeux il n’y a pas eu stratégie impérialiste, cela dépassait les ambitions et les capacités de conception et d’exécution de l’État US. L’abandon de Bretton Woods a été subi et non voulu, le système de l’étalon or n’étant pas viable.

C’est la sécurité d’un placement de monnaie aux USA respectueux de la propriété individuelle qui a orienté vers ce pays les réserves monétaires des autres pays.

Sauf erreur de ma part, les déséquilibres de balance de paiement provoquent une création monétaire artificielle malsaine dans le pays logeant les réserves monétaires s’ajoutant à la saine création de monnaie par le travail dans le pays exportateur. C’est là où se trouve l’infection monétaire. Il revient au pays accueillant ces réserves de ne pas les mobiliser chez lui. Rien me semble-t-il l’oblige à les rémunérer.

9°. Oui, le cas de la zone euro est pour l’instant « en balance ». La république germanique a le mauvais souvenir de l’inflation, ce qui n’est pas compatible avec les folies dépensières de la France.

10°. Au total, il m’est clair que la succession des crises financières allant s’amplifiant depuis trois ou quatre décennies condamne sévèrement le dirigisme étatique en matière d’économie. Stopper réellement les dérives ne peut se faire qu’en fermant aux activités spéculatives financées par l’emprunt le robinet d’approvisionnement en monnaie. Sans doute faudrait-il le faire dès maintenant progressivement, mais nettement et fermement.
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ommmmm1
ommmmm1 a commenté le 24 décembre 2009 :

@Roland:

"2°. L’activisme étatique dans le domaine de l’économie n’a jamais eu à plus ou moins long terme que des résultats désastreux."

Pensez-vous que l'économie des trente glorieuses n'était pas dirigée par l'état (les états, sauf USA)?

Pensez-vous que l'économie chinoise n'est pas dirigée par l'état et ses plans régulièrement mis à jour, sans parler de la manipulation de sa monnaie?

Le capitalisme ne fonctionne bien que lorsqu'il est encadré, sinon il s'emballe et déraille. Mais s'il est trop encadré, il végette. S'il est trop libre, il s'auto-détruit. C'est un équilibre qu'il faut sans cesse rechercher et renouveller.

Frada a bien raison de s'interroger sur les potentielles conséquences totalitaires d'un rééquilibrage des libertés, mais les risques d'engrenage vers des formes de totalitarisme populiste existent également sans ces rééquilibrages.

L'Humanité n'a pour moi d'avenir que si nous acceptons tous la succession de périodes de totale liberté créatrice suivies de recadrements dirigistes. Depuis la chute du mur de Berlin, nous sommes dans un cycle du premier type, et il est grand temps de passer par une phase du second type afin de réorienter la société vers un progrès durable.

Les nouvelles approches de la gouvernance (troisième voie) pourraient à l'avenir nous exonérer de ces cycles, car les entrelaçant, mais elles sont encore trop jeunes pour pouvoir s'appliquer; quoique, la crise actuelle et l'histoire du 20ème siècle combinées pourraient avoir le mérite de nous rendre collectivement pragmatiques.

Utopisme ou dernière chance?
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ommmmm1
ommmmm1 a commenté le 24 décembre 2009 :

Petite précision concernant ma référence à la "troisième voie":

Je voulais parler de la voie incitative, celle qui par cumul d'incitations de nombreuses natures, engagerait les entreprises et citoyens à produire et consommer dans un sens durable.
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Roland
Roland a commenté le 24 décembre 2009 :

@ ommmmm1

Au regard du dirigisme étatique, en France, la période des trente glorieuses est un monde totalement étranger à celui qui a émergé depuis 1974, peut-être 1968. Vous n’avez peut être pas vécu cette période. L’immédiat après-guerre était au comble de l’interventionnisme étatique. Pour se sortir du marché noir, du rationnement de presque tout, des pénuries, un politique, (Pinay ?) a passé par dessus bord presque tout l’appareillage étatique, dont spectaculairement les cartes de rationnement. Ce fût là le début des trente glorieuses.

La différence entre ces deux mondes se mesure à la part des dépenses publiques dans le produit des activités économiques. Pour les trente glorieuses, elle se situait entre 50 et 55%. Après 1974, elle est passée autour de 70%. Selon une technique bien connue, à une question que vous voulez ignorer (L’ultra dirigisme d’après 1974 a produit les effets inverses de ceux visés), vous répondez par une autre question. J’ai maintenant répondu à la vôtre, sans vous demander de répondre à la mienne dont la réponse est évidente.

L’économie chinoise ? L’explosion de la croissance chinoise a fait suite à une « libération » que vous semblez méconnaître.

Oui, le problème est de placer au point de « juste équilibre » les interventions des États dans le fonctionnement des économies. Malheureusement, l’expérience démontre que, au moins dans les grands pays, la démocratie fonctionne encore plus mal que ce que vous prétendez du capitalisme, et que l’emprise des États sur les citoyens va toujours croissante jusqu’à l’écroulement de leur système.
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THEGAP
THEGAP a commenté le 24 décembre 2009 :

Contresens ou bévue?
En Chine c'est le recul de l'état qui permet l'explosion de l'entreprise et de la croissance pas l'inverse. Faut il vous rappeler que sous Mao on a interné des ingénieurs des entrepreneurs jugés révisionnistes pendant la grande révolution culturelle et qu'ensuite la planification règnait! Il n'y a plus qu'un pays au monde où l'on peut trouver de tels avocats de l'état chinois...
En France et ailleurs ce que l'on a appelé les 30 glorieuses est en fait un cycle de croissance économique où
1/ la production de valeur était élevée
2/ la redistribution modérée.
C'est à dire un état modeste dans son rôle économique et économe jusqu'en 1975, regardez le déficit budgétaire.
Ainsi vous mettez vous même en évidence à travers les exemples choisis que plus les finances publiques sont en déficit plus elles asphyxient par les prélèvements la croissance. C'est exactement ce qui se passe et empire aujourd'hui. L'emprunt annoncé va encore plus restreindre l'investissement privé donc la création de richesse. A nouveau nous sommes devant un impératif laisser l'argent dans la poche des investisseurs consommateurs associations ou entreprises ou bien continuer à la grecque un état providence endetté chaque jour un peu plus Se peut il que l'énormité de la dette agisse comme un écran de fumée pour tous les pseudo keynésiens de la relance publique permanente? Ou bien s'agit il d'un paravent idéologique? En particulier vous êtes vous posé la question du sens des mots que vous utilisez ou consommez à l'instar de votre répétition de l'adjectif durable?
Durable est la très mauvaise et très opportune traduction de l'anglais sustainable c'est à dire supportable par l'économie, la société l'environnement. Durable ne veut rien dire de tout cela puisque dans durable il n'y a que du temps. Tout dépend donc de votre échelle. Vous pouvez faire du développement durable en tuant des gens en polluant ou bien en freinant la croissance et en abaissant le niveau de vie. Tout cela peut durer plus longtemps que vous et moi... En revanche ce qui est supportable et non soutenable comme certains essaient de traduire sustainable, c'est vraiment autre chose, une croissance supportable c'est paramétrable en fonction de données précises. une dette supportable c'est une dette dont les intérêts n'obèrent pas la croissance, et dont le remboursement est programmé et possible etc...
Si bien que comme nous commençons à le voir avec les PIGS c'est un reflux de l'intervention étatique qui va se produire. La crise financière largement initiée par la création de monnaie et les politiques de dumping de l'immobilier a épuisé l'interventionnisme étatique. Oui les états ont secouru les banques mais nous savons tous que c'est d'abord pour sauver leur tête car sans banques d'état monopolistiques, véritable chasse privée de la haute fonction publique c'est la faillite des états, le défaut de paiement! Jugez en donc! Jamais la France n'avait autant emprunté sur les marchés et pour solvabiliser sa demande un effort important de marketing est envisagé sur toute la planète car notre dette c'est 70% de bons du Trésor à l'étranger! Voilà aussi pourquoi les états sont si cléments avec la régulation des fonds propres (bien trop faibles) des banques du monopole.
En France nous avons laissé s'installer un capitalisme de connivence et de privilège un capitalisme d'état qui est assez stérile sur le plan de l'innovation et qui bénéficie de rentes nationales. Ce modèle est malmené car dans le même temps les politiques ont fait de la dette leur outil de choix pour être réélus et garantir aux monopsones la poursuite de leurs avantages.
Le résultat de cette évolution économique et sociale est un déclin alors qu'il existe une culture scientifique et une tradition entreprenariale et innovante fortes dans ce pays. Il est nécessaire de réduire la taille de l'état et de confier au secteur concurrentiel, associatif ou mutualiste tout ce que l'état administre sans avantage ou sans légitimité. C'est nécessaire mais bien pas suffisant. Nous pensions que l'Europe dans une grande sagesse nous l'imposerait... Mais l'Europe politique a accouché d'un mort né, avec des euro dans les poches voilà tout. Il nous reste notre France, son système jacobinosoviétique, mais aussi ses charmes géographiques et son air de vivre. C'est important mais nous entrons dans une période de paupérisation qui sera difficile pour ceux qui ont 20-30 ans et à qui on n'a pas enseigné l'effort, une appréciation de la vie sur la durée et les bases de notre culture millénaire. Tout est lié, la jeunesse au sortir de la WWII a fait l'expérience de la liberté d'entreprendre, aujourd'hui c'est terriblement difficile dans les limites de l'hexagone alors que le monde fourmille d'inventions prometteuses. Posons nous la question de savoir pourquoi c'est si difficile et ne cédons pas aux vendeurs d'apocalypse qui nous ordonne de ne plus rien faire car la planète en souffrirait!
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frada37
frada37 a commenté le 25 décembre 2009 :

Merci à tous les commentateurs et joyeuses fêtes. Un des objectifs de ma contribution était de lancer un débat qui sorte des sentiers battus, on peut même dire rebattus et bien évidemment de donner un point de vue personnel. Le débat est bien parti et les contradictions montrent un des aspects de la complexité du sujet. Je crois que dans les périodes fastes, il faut savoir choisir la voie la plus dynamique et dans les périodes difficiles le moindre mal. Il n’y a pas « la SOLUTION seule et unique ».
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ommmmm1
ommmmm1 a commenté le 26 décembre 2009 :

@Roland:

Le dirigisme à mon sens n'est pas dépenses publiques, il est orientations industrielles. TGV, Ariane, Framatome, Airbus ne seraient pas nés sans ce dirigisme d'après-guerre. Ce ne sont que des exemples qui sont discutables.

En ce qui concerne la Chine, je sais de quoi je parle: les entreprises occidentales qui y investissent sont spoliées, les tribunaux commerciaux sont aux mains du PCC, les banques d'investissement chinoises aux mains du PCC controlent les grandes entreprises chinoises et en majorité les joint-ventures occidentales. Libéralisme? Dirigisme? Escroquerie?

Le dragon est bien plus fort et subtile que nous.
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ommmmm1
ommmmm1 a commenté le 26 décembre 2009 :

@TheGap:

Qui en Chine achète à tous bras les mines dans le monde entier? Le Capital ou l'Etat?

Qui en Chine investi énormément dans l'éducation et la recherche? Le Capital ou l'Etat?

Attention, bien faire la différence entre Etat et entreprises d'Etat, ce n'est pas simple en Chine, de moins en moins simple!

La Chine nouvellement capitaliste et libérale est soumise à de plus en plus de rébellions régionales domptées dont on ne parle pas. Libérale ou dirigiste?

Voilà mes reflexions pour la Chine, pour le reste, à suivre très prochainement.
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frada37
frada37 a commenté le 26 décembre 2009 :

@Roland, THEGAP, ommmmm1


En lisant vos textes, un élément m’est venu à l’esprit : j’ai souvent fait une analyse au sujet des facteurs déterminés par un temps spécifique et les difficultés de réconciliation que cela entraîne. Par exemple si on va du plus court au plus long, on ira de la « milliseconde » du temps des transactions financières, à la journée ou au mois pour le temps de transport des marchandises à travers le monde (avion ou container), à l’année pour de nombreuses récoltes agricoles. D’un autre côté, il y a le temps humain et bien plus grand encore les temps géologiques pendant lesquels des ressources naturelles se sont accumulées. Ces ressources se consomment par ailleurs à l’échelle du temps humain…..
Là où je vois une dégradation du rôle de l’état, c’est que son temps, qui était en partie lié à la notion de postérité, a rejoint le temps du privé. L’échéance électorale pour l’état, le trimestre pour le privé. La médiatisation, manifestement excessive, est à l’origine de cette transformation.
La complémentarité des rôles a de plus en plus de mal à se mettre en place. On le voit avec la dégradation désastreuse de notre industrie et le cas particulier d’EDF.
C’est vrai qu’en prenant le temps médiatique, l’état a toute chance d’être plus mauvais que le privé. Il est, comme dit Dutronc dans le « j’y pense et puis j’oublie ». Le privé, en revanche, est rappelé à l’ordre par sa rentabilité. Seule depuis quelques décennies, la finance échappe à toute sanction.
Il me semble important que l’état retrouve le sens du long terme, que la réélection ne soit plus l’élément déterminant. C’est quelque peu utopique tant on connaît la prégnance de la comédie humaine….mais si un homme veut rester dans l’histoire……à suivre.

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