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Analyse
Sauver les retraites c'est possible...

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Le 14/01/10 - Lu 3694 fois | 6 commentaires
Le gouvernement veut prendre comme exemple pour l'age de la retraite celui de nos voisins, mais le raisonnement ne peut être le même.
L’Allemagne a repoussé l’âge de la retraite à 67 ans, nous devons les suivre. Cette affirmation est fausse : l’Allemagne est dans une situation plus difficile car avec un taux de natalité à 1.41 contre 2 à la France elle n’assure pas le remplacement des départs en retraite par ses jeunes, d’où l’obligation de faire travailler plus tard. En France cela aurait l’effet contraire, augmenter le chômage des jeunes.
Repousser l’âge de la retraite n’est pas une solution équitable il existe une solution simple.
Prenons notre bulletin de salaire et regardons la ligne vieillesse plafonnée au taux de 6.65 % (cotisation salariale).
Que veut dire plafonnée ? Tout simplement que notre cotisation sera calculée sur un maximum de salaire plafonnée à 2 885 € brut (plafond de la sécurité sociale en 2010).
Exemple :
Pour un salarié au SMIC (1 344 €), cette cotisation sera calculée sur l’intégralité de son salaire soit (1 344 * 6.65%) environ 89 €.
Pour un salarié qui perçoit environ 4 000 € (comme près de 10 % de la population active), cette cotisation sera calculée non pas sur l’intégralité de son salaire mais sur le plafond soit (2 885 * 6.65 %) environ 192 €.
Pour un salarié qui perçoit 10 000 € (comme près d’1 % de la population active), cette cotisation sera calculée non pas sur l’intégralité de son salaire mais sur le plafond soit (2 885 * 6.65 %) environ 192 €.
Donc en pourcentage un Smicard cotise 6.65 % alors que notre salarié à 4 000 € cotise (192/4000) 4.80 %, pour un salaire de 10 000 € par mois le taux descend à (192/10 000) 1.92 %.
De plus quand le smicard prendra sa retraite la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse lui versera une pension de 690 €/mois alors que notre salarié à 4 000 € sera proche du double.
Ce mode de calcul n’est ni équitable et encore moins solidaire. Quelle est cette société qui accepte que les hauts salaires participent le moins à la solidarité nationale ?
La solution est donc que cette cotisation salariale de 6.65 % (payée par le salarié) soit calculée sur l’ensemble du salaire brut, comme la cotisation assurance maladie.
Cette solution n’entraînerait pas une baisse du pouvoir d’achat pour les 70 % de la population qui touche moins de 2 885 € par mois, leur cotisation restant la même.
Mais pour un salarié qui perçoit 4 000 € cela ferait une baisse de pouvoir d’achat de 74 €/mois et pour un salarié qui perçoit 10 000 € par mois proche de 473 €/mois.
Le calcul généralisé aux 30 % de la population active au dessus du plafond de la sécurité sociale permettrait de récupérer entre 10 et 15 milliards.
La problématique est identique pour la cotisation patronale vieillesse de 8.30 % plafonnée elle aussi, mais en lui appliquant cette réforme cela augmenterait le coût du travail et rendrait nos entreprises moins compétitives, ce qui n’est pas envisageable.
Les prévisions de déficit de la CNAV pour 2009 étant de 8 milliards, cette réforme permettrait d’être en excédent de 3 à 7 milliards et sauver la retraite à 60 ans.
En allant plus loin rien n’empêcherait un gouvernement d’utiliser l’excédent pour :
Augmenter les petites retraites,
Réduire la cotisation patronale pour faire baisser le coût du travail.
Abonder le fonds de réserve pour les retraites,
Réduire les cotisations pour les professions en danger (agriculteurs, éleveurs …)
Ce choix permettrait à n’importe quel gouvernement une réforme populaire pour une majorité de Français.
Notre choix est donc simple : cotiser tous de manière équitable et sauver le régime de retraite à 60 ans ou laisser ceux qui ont les revenus les plus faibles financer la part la plus importante de la retraite Sécurité Sociale.